Découvrez l’un des plus petits documents des Archives de la Ville et son histoire ⬇️

Ce surprenant mini-carnet, de 3 cm par 8 cm, considéré comme l’un des plus petits documents d’archives conservés aux Archives municipales de Fougères, renferme le carnet de route d’un poilu fougerais, Thomas Amand, cultivateur à Iné, né à Fougères en 1892.
Soldat du 130ème régiment d’Infanterie, Thomas Amand a consciencieusement noté chaque jour l’essentiel de ce qu’il a fait durant son temps de présence sous les drapeaux, du 8 novembre 1914 au 18 avril 1919.


La première page est intitulé « Notes sur mon service militaire durant la guerre de 1914-1915 ». Puis un 16 a été rajouté, détail prouvant une fois de plus qu’au début de la guerre tous croyaient qu’elle serait courte.
Les nombreux déplacements de son unité, les exercices, les permissions, les lettres reçues et envoyées à la famille et aux amis, si importantes dans le quotidien des combattants, sont consignés dans son journal. Sans oublier bien sûr les combats, l’énumération des bombardements, responsables d’une véritable hécatombe de part et d’autre de la ligne de front mais, contraint par la taille du carnet, toujours relatés sans aucun jugement, aucun sentiment sur les évènements : « Le 28 (septembre 1915) recevons quelques obus sur la tranchée. Vers 4h une rafale de 4 obus arrive sur notre abri et frappe mortellement mon copain Hubert. Il meurt une demi-heure après. »
Ce carnet nous apprend également que notre valeureux soldat a fait de nombreux passages à l’infirmerie ou à l’hôpital sans aucune précision sur le ou les motifs de ces séjours répétés. Le registre matricule, conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, qui n’indique, chose miraculeuse, aucune blessure le concernant, nous apprend qu’il souffrait d’eczéma chronique sur les cuisses, les bras et avant-bras, raison pour laquelle il avait été réformé temporairement au début du conflit.
La démobilisation fut lente et s’est étalée sur de nombreux mois. Thomas Amand se retire à Fougères le 26 juillet 1919. De retour à la vie civile, il épouse en 1930 Joséphine Lechable. Il décède à la maison de retraite de l’hôpital de Fougères le 27 juillet 1977, à l’âge de 85 ans.
