Ce bâtiment, plus communément appelé « le 47 » par les agents municipaux au vu de sa situation 47, avenue Georges Pompidou voit son origine dans le regroupement de plusieurs brigades de gendarmerie.


Une première brigade à cheval, créée en 1791, succède à la Maréchaussée. En 1793, elle est casernée, suite à la confiscation des biens du clergé, dans la maison des sœurs Gigognes située en haut de la rue de Vitré. En 1800, une brigade de gendarmes à pied est constituée et placée dans l’enceinte du château. Une deuxième brigade à cheval apparaît en 1895, elle se cantonne rue Guimonneau (actuelle rue Alexandre III).

La caserne de la maison des Gigognes se dégrade considérablement en cette fin de 19ème siècle à tel point qu’on doit réserver une aile de la prison située un peu plus bas pour loger les gendarmes et leurs familles. Un projet de construction d’une caserne regroupant les trois brigades émerge. Le 1er Mars 1899, les gens d’armes (hommes en armes, origine du mot gendarme) prennent possession de leurs nouveaux locaux aux 45 et 47, rue de Laval (actuelle avenue Georges Pompidou).

Cette gendarmerie dont l’encart « Gendarmerie Nationale » apparaît encore sur la façade de l’actuelle Direction des Services Techniques et de l’Environnement (DSTE), est un complexe de plusieurs bâtiments : un bâtiment principal au centre servant de bureaux et de logements, un appartement pour l’officier commandant (à l’entrée, bâtiment de gauche), une écurie qui deviendra garage (à l’entrée, bâtiment de droite) ainsi qu’une buanderie à l’arrière.
Les militaires occupent ces lieux jusqu’en 1977. Au fur et à mesure des années, la gendarmerie étant de moins en moins fonctionnelle de par son implantation, le Département fait don à la Ville du site en contrepartie de la construction d’une nouvelle caserne, rocade de Groslay.

Suite à quelques travaux, dont la démolition de l’ancienne écurie, la trésorerie principale municipale qui réunit la perception municipale et le trésor public s’y installe en 1979. En 1981, le conseil des Prud’hommes, qui à l’origine avait pour attributions le règlement des litiges individuels du travail et le dépôt des marques et modèles industriels, prend place au 2ème étage. Ce bâtiment va également abriter un centre médico-scolaire, un bureau d’assistance sociale et l’inspection académique de la circonscription de Fougères. On envisage également de créer une salle de musculation au sous-sol mais le projet n’aboutira pas, étant jugé trop onéreux. La DSTE, quant à elle, quitte la place Lariboisière et prend possession de l’aile gauche du bâtiment principal en 1982. Le logement de l’officier est loué à des particuliers. Le terrain situé à l’arrière du complexe qui faisait office de potager pour les gendarmes est mis à disposition de la piscine municipale comme aire de plein air. La buanderie sert de pièce de stockage pour chaises longues, flotteurs… L’arrière du bâtiment a été depuis aménagé en parking, local de recyclage et garage à vélos.

Aujourd’hui, seules l’inspection académique et la DSTE qui s’est considérablement développée occupent les lieux ainsi que la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU), chargée notamment de l’instruction des demandes d’autorisations d’urbanisme, qui accueille dorénavant les usagers à cette adresse.
L’aile gauche est maintenant en partie mise à disposition de plusieurs associations fougeraises. Le logement de l’officier a été vendu.
En 125 ans, l’architecture extérieure du bâtiment n’a pas énormément changé mais son utilisation est devenue tout autre.
Ainsi s’achève ce cycle dédié à l’histoire des bâtiments où aujourd’hui les agents de la Ville de Fougères sont au service des habitants.
