Plus connu des Fougerais sous le nom de « la Retraite », ce bâtiment vieux de près de 400 ans qui abrite depuis 1992 le Centre communal d’action sociale a presque toujours eu une vocation sociale.


Destiné à accueillir les Récollets, religieux appartenant à une branche réformée des Franciscains, la construction du couvent s’achève en 1622.
En 1790, la maison déclarée bien national est d’abord converti en caserne, puis détruite par un incendie en 1794.

En 1825, une partie de l’ancien couvent des Récollets est achetée par l’Abbé Provost, vicaire à Saint Léonard pour y établir la Maison des Retraites. Un orphelinat y est fondé grâce au legs de Sophie Richard, une Fougeraise décédée en 1850. La gestion est confiée à partir de 1855 aux Religieuses de la Charité de Notre-Dame d’Evron qui découvrent à leur arrivée une maison en très mauvais état et d’une pauvreté extrême. La situation s’améliore à compter de 1920 lorsque la Comtesse d’Avenel fait l’acquisition de la propriété. Elle finance des travaux d’aménagement dont la surélévation des bâtiments existants en 1930 pour y installer des petites chambres réservées à des jeunes filles travaillant en ville : le Foyer des jeunes travailleuses de Fougères est né.
Une ancienne orpheline accueillie dès l’âge de 6 ans, de 1878 à 1906, témoigne de son histoire et se souvient de son quotidien : le lever avait lieu à 6h15 et toutes les orphelines se rendaient ensuite à la messe à 7h. Le silence complet était de rigueur lors des travaux de couture dont le rendement était la grande préoccupation des éducatrices. A leur majorité, les orphelines sont placées comme domestiques chez des particuliers.
En 1954, Sœur J. Planchenault, aimée des orphelines « comme une vraie maman », rédige un mémoire sur l’histoire de cet orphelinat. Ce précieux témoignage décrit notamment le quotidien et l’évolution des méthodes d’éducation de l’après-guerre. L’orphelinat n’accueille plus uniquement des orphelines depuis le début du 20ème siècle, mais aussi des jeunes filles dont les parents ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Les orphelines fréquentent l’école primaire libre de la paroisse. Elles ont accès à des activités, jeux, chant, modelage, dessin et aux livres de la bibliothèque paroissiale. Elles sont parfois invitées à des soirées théâtrales ou au cinéma. Les jeudis et dimanches, quand le temps le permet, les promenades en forêt sont privilégiées.
L’extension des lois sur la protection de l’enfance qui enlève à ces établissements leur raison de subsister et les difficultés de recrutement chez les religieuses à partir des années 1960 entraînent la fermeture de l’orphelinat en 1970.
Lorsque « la Retraite » est réhabilitée en 1990, les bâtiments sont quasiment en ruines, servant de squatt ou de refuge aux sans-abris. Ce chantier d’envergure est confié à deux architectes installés à Fougères, Bernard Kaleski et Jacques Picard, qui accordent une grande attention au respect du patrimoine bâti. Ils ont conservé l’enveloppe extérieure et réaménagé entièrement l’espace intérieur.

Au côté du CCAS, le centre médico-psycho-pédagogique, le centre départemental d’action sociale, l’ANPE et les ASSEDIC (tous deux ancêtres de France Travail) se partagent les locaux au moment de la réouverture.
A nouveau, enfants et adultes sont accueillis et accompagnés dans cette maison. L’histoire continue…
