Qui ne s’est pas interrogé sur les origines de cet imposant et remarquable bâtiment blanc de la rue de Pommereul qui abrite actuellement les services de l’état civil, des formalités, de la police municipale, de l’informatique et de la communication. Son histoire fut mouvementée !


Cet hôtel des Postes et Télégraphes, plus connu sous son appellation de bibliothèque, est l’œuvre de l’architecte d’origine Fougeraise Jean-Marie Laloy à qui l’on doit entre autres le théâtre municipal et le marché couvert. Pour comprendre ce bâtiment, il convient de revenir sur l’évolution des services à l’origine de sa création :
Au 18ème siècle, le transport des courriers et dépêches était assuré par la poste aux chevaux ou poste aux lettres située dans l’hôtel Saint Jacques rue Porte Roger, complétée à compter du début du 19ème siècle par un service de malle-poste dont le relais était implanté au carrefour Saint Jean (actuelle place Gambetta). En 1855, la poste aux lettres se trouve dans l’hôtel de Marigny au 18, rue Chateaubriand. Elle est transférée ensuite rue du tribunal en 1860 puis route de Laval au niveau du carrefour du Croissant en 1876.
En mai 1878, le ministère des Finances transforme la recette simple des postes en recette composée. Par conséquent, le service de télégraphe, existant à Fougères depuis 1860 dans l’ancien parloir des religieuses près de l’entrée de la caserne Saint Nicolas, fusionnera avec la poste dans un même lieu situé impasse du Tribunal à partir de 1875, bâtiment qui s’avérera rapidement trop exigu. Les élus réfléchissent à l’édification d’un nouveau bâtiment plus spacieux qui pourrait de surcroît accueillir d’autres services en manque d’espace comme la bibliothèque et la justice de paix.

Petit retour en arrière concernant la bibliothèque : en 1837, le baron Gilbert de Pommereul, fils du célèbre général d’artillerie, fait don de 2 000 livres anciens à la mairie de Fougères, à condition que ce fonds soit consultable dans un lieu dédié. Le 16 juillet 1838, la première bibliothèque Fougeraise ouvre ses portes dans une salle du Collège, jusqu’à son transfert en 1858 dans un ancien bâtiment de l’hospice Saint Nicolas situé face à l’Hôtel de Ville où se trouvait déjà la justice de paix.
Suite à la démolition de ce site en 1875, la bibliothèque retrouve le Collège. Sa collection s’étant considérablement enrichie depuis, la municipalité se lance dans un projet de construction d’un nouveau bâtiment plus adapté à la conservation et à la consultation des nombreux ouvrages que compte la bibliothèque. La décision est prise de le construire sur l’ancien site de l’hôpital Saint Nicolas, en bordure de la rue de Pommereul ouverte en 1869.
L’hôtel des Postes et Télégraphes est inauguré le 21 novembre 1882. Le rez-de-chaussée comprend le service postal et le télégraphe dont l’entrée était située à l’angle des rues de Pommereul et Porte Saint Léonard. La justice de paix et la bibliothèque, dont les travaux d’agencement n’ont lieu qu’en 1884, sont installées à l’étage.

L’administration des Postes de nouveau à l’étroit dans ses nouveaux locaux demande en 1911 la résiliation du bail. Quel site serait le plus à même d’accueillir la nouvelle poste ? C’est alors la valse des projets ! Place d’Armes, place Carnot ou encore la Dorangerie, les débats entre défenseurs et détracteurs des différentes propositions animent la vie locale.
C’est finalement à l’angle de la rue Dréo et du boulevard Jean Jaurès que sera construite la nouvelle administration des Postes. Projet interrompu par la Grande Guerre, les travaux ne commenceront qu’en 1922. L’ouverture a lieu le 16 juillet 1929, laissant vacant le premier niveau de l’hôtel de la rue de Pommereul. Le projet d’y accueillir une annexe de l’école communale sera finalement écarté pour laisser place au commissariat au police qui s’y installera de mars à décembre 1931, le temps de l’agrandissement du poste de la place Aristide Briand. Puis, en décembre 1935, le Bureau de l’enregistrement jusque-là situé dans la caserne St Nicolas s’y établit.

L’ancien hôtel des Postes et Télégraphes sera sérieusement endommagé par les bombardements du 9 juin 1944. Les dégâts sont chiffrés à 3 millions de francs ! Par miracle, les livres anciens sont intacts.
L’école de musique municipale nouvellement créée ouvre ses portes au rez-de-chaussée le 22 septembre 1952, ce qui n’enchantera guère la bibliothèque dont l’ambiance studieuse sera perturbée par les fausses notes des apprentis musiciens !
En 1953, les collections du musée du château qui vient de fermer ses portes, sont en partie entreposées au-dessus de la bibliothèque. Une salle du bâtiment servira pour des expositions temporaires.
En 1978, la bibliothèque dont les fonds ne cessent de s’accroître, profite du déménagement de l’école de musique dans le couvent des Urbanistes récemment réhabilité, pour investir l’étage inférieur, jusqu’à son transfert en 2009 dans le bâtiment flambant neuf et spacieux du forum de la Gare.
Dès lors, les services de l’état civil, des formalités et des élections (précédemment situés en mairie puis dans le bâtiment administratif de la caserne Saint Nicolas et enfin au 13, rue Lesueur) investissent les lieux.
Ainsi va la ronde des services municipaux !
