Nouvel épisode des Archives municipales qui met en avant l’histoire des bâtiments des services municipaux. Ce mois-ci le numéro 3 de la rue porte St Léonard.

#2 les bâtiments des services municipaux ont une histoire !
En plein centre-ville de Fougères, attardons-nous ce mois-ci sur l’histoire du bâtiment situé 3, rue Porte Saint Léonard, face à l’Hôtel de ville, dont la façade nous laisse à penser qu’il n’a pas toujours eu sa fonction actuelle.
Au début des années 1980, les lois de décentralisation ont attribué de nouvelles compétences aux collectivités territoriales. C’est ainsi qu’en 1984, à l’étroit dans leurs anciens locaux, certains services municipaux existants ou nouvellement créés se sont installés dans cet édifice entièrement réaménagé : le service financier, le service du personnel, le service informatique, l’Action économique, le service de l’urbanisme et du patrimoine, le District, le service Droits de place, les loisirs de plein air ainsi que le bureau de l’Opposition.
Auparavant, plusieurs générations d’écoliers ont usé leurs fonds de culotte sur les bancs de cette ancienne école communale qui illustre l’évolution considérable du système éducatif au cours du 19ème siècle passant d’un modèle inégalitaire et profondément lié à la religion, à une forme universelle.

(AM Fougères, 11 Fi 3/4-2)
En 1854, des travaux sont entrepris, sur décision de la Commission administrative des Hospices et du Conseil municipal, dans le bâtiment dit « bâtiment neuf » de Saint Nicolas pour le transformer en maison d’école. Une partie de cet édifice était donc à l’origine l’Hôtel Dieu Saint Nicolas (fondé au 12ème siècle par Raoul II, seigneur de Fougères) qui inaugura ses nouveaux locaux l’année précédente sur le site actuel du Centre Hospitalier, rue de la Forêt.
L’école communale de garçons Saint-Léonard devient la plus importante de la ville. En 1897, elle accueille 363 élèves répartis dans seulement…6 classes dont les plus surchargées comprenaient 66, 72 et 90 élèves ! Rien d’étonnant à ce qu’un 7ème poste d’instituteur ait été accepté cette année-là ! L’école comprenait également un pensionnat. L’Inspection d’Ille-et-Vilaine, dans un courrier du 13 janvier 1881, approuve son ouverture au sein même du bâtiment dont « les dortoirs d’un accès facile et bien aérés […] ce qui permettra d’y installer 30 lits y compris ceux destinés aux maîtres surveillants. »

Quelques années auparavant, en 1875, le Conseil municipal reconnaissant l’exiguïté des locaux décida l’extension du bâtiment, en lieu et place des anciens édifices servant alors de bibliothèque et de justice de paix qui seront par conséquent démolis. Cette extension répondait également à la nécessité d’accueillir davantage d’enfants pauvres ayant droit à l’Instruction gratuite.

En 1925, une école enfantine (actuelle école maternelle) est créée pour répondre aux difficultés de recrutement dans cette école, les deux écoles maternelles existantes étant situées aux extrémités de la ville.
En 1969, la délégation cantonale de l’enseignement primaire alerte la municipalité sur les conditions d’accueil des élèves : « bâtiment ancien peu accueillant, ouvertures diffusant insuffisamment l’air et la lumière ». L’état de la cour ne satisfait pas plus un autre délégué départemental de l’Education Nationale, Edgard Piette, qui dans son rapport du 25 février 1975 ne manque pas de rappeler à quel point les petits s’en donnent à cœur joie dans l’importante flaque d’eau à proximité du préau qui leur servait de pataugeoire.

A partir de 1973, les effectifs des écoles Saint-Léonard et rue Charles Malard décroissant régulièrement, la Ville envisage en vue d’une meilleure organisation scolaire dans le centre-ville de les regrouper dans un même établissement, dans les locaux récemment libérés de l’ex-collège d’enseignement secondaire la Madeleine, place Lariboisière.
Ce projet n’aboutira finalement qu’en 1984. A cette occasion, l’école publique Saint-Léonard est officiellement rebaptisée école Odile Gautry qui fut résistante et directrice de l’école primaire supérieure des filles, place Lariboisière.
Aujourd’hui, cette ancienne école est toujours affectée aux services municipaux. La Direction des Finances, la Direction des Ressources Humaines chargée du recrutement, de la formation, de la protection sociale et de la gestion des carrières des 450 agents de la Ville ainsi que les syndicats et le Comité des œuvres sociales se partagent ces locaux chargés d’histoire.
