Place aux Arts 2021 : Exposition d'art contemporain -Réinstallée au Château

Pour son exposition estivale d'art contemporain "Place aux Arts", la Ville de Fougères met cette année en lumière l'artiste Richard Di Rosa.

ATTENTION : L'exposition a malheureusement du être désinstallée du jardin public, vous pouvez cependant la voir au Château. En effet, malgré les caméras installées pour surveiller cette exposition estivale et les appels au respect des œuvres, une nouvelle sculpture de Richard Di Rosa, "Totem coréen - homme", a subi des dégradations ce week-end dans le jardin public.

En accord avec l’artiste et le commissaire d’exposition, Philippe Piguet, la Ville de Fougères a pris la décision d’enlever ces sculptures du jardin public.

« Nous regrettons vivement, précise le maire de Fougères, Louis Feuvrier, d’avoir à prendre cette décision qui va à l’encontre de notre objectif de rendre l’art contemporain visible gratuitement par tous les publics.  Malheureusement, l’irrespect de quelques personnes ne nous laisse pas le choix. Par ailleurs, nous avons porté plainte à chaque fois qu’une dégradation a été constatée et nous mettrons tout en œuvre avec les services de la Police Nationale pour identifier les auteurs et qu’ils répondent de leurs actes ».

Ville d’art et d’histoire, Fougères abrite en son coeur un jardin remarquable. Classé « site naturel à caractère artistique », le jardin public est un écrin de verdure idéal pour accueillir l’exposition « Place aux Arts ». Le titre fait d’ailleurs référence à la « place aux arbres », terrasse bordée d’ormes soigneusement taillés, créée au XVIIIe siècle. La vue sur la forteresse médiévale y est tout simplement exceptionnelle.

"« Place aux Arts », notre exposition estivale d’art contemporain, est cette année un voyage. Un voyage dans l’imagination d’un artiste de renommée internationale qui joue avec les canons en usage et nous propose des personnages hauts en couleur, aux proportions surréelles, tout droit sortis d’un rêve. Un voyage à travers différentes contrées qui sont autant d’influences pour le sculpteur, de la Sibérie à la Corée, en passant par l’Australie. Un voyage à travers les airs et les mers… Pour la quatrième année, l’art contemporain vient aux Fougerais et visiteurs, au détour d’une balade en famille ou à la sortie d’une visite au château. Chacun est invité à déambuler et à s’ouvrir à la rencontre…" Louis Feuvrier - Maire de Fougères

"Invité par la Ville de Fougères pour cette nouvelle session de Place aux Arts, Richard Di Rosa envahira les espaces du jardin public avec une dizaine d’oeuvres tout à la fois drolatiques et richement colorées. Membre à part entière de la Figuration libre, l’artiste lui a donné ses lettres de noblesse en matière de sculpture. Si ce mouvement artistique, apparu voilà quarante ans, bouscula toutes nos habitudes perceptives, c’est qu’il puisait sa source à l’ordre d’une culture dite de masse, telles que la bande dessinée, la télévision et la musique rock." Philippe Piguet - Commissaire d’exposition

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Richard Di Rosa

Né à Sète en 1963, Richard Di Rosa a grandi dans un milieu très modeste. A l’adolescence, il se passionne pour les maquettes, les bandes dessinées, les comics et la musique rock : « Je faisais tout petit des modèles réduits d’avions, de chars, et puis je ne faisais pas que l’avion, je faisais aussi le tarmac, avec les deux mecs qui font le plein, ceux qui changent les douilles, ce qui a inspiré après mes sculptures quand j’ai créé mes premiers dioramas, un peu comme la bande dessinée a influencé les toiles de Hervé. »

Egalement musicien (il crée d’ailleurs « en musique »), il est surnommé dès 1982 « Buddy », en référence à Buddy Holly. Passionné de batterie, il fonde le groupe Les Démodés avec Ketty Brindel et Robert Combas.

Il expose pour la première fois cette même année à la galerie Gillespie Laage Salomon à Paris avec son frère, Hervé Di Rosa. Rapidement, le groupe d’amis (Combas, les frères Di Rosa, Boisrond et Blanchard) est considéré comme un mouvement : la Figuration Libre.

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Richard Di Rosa crée alors des sculptures anthropomorphiques qui viennent peupler son univers singulier, composé de personnages et d’êtres « Diromythologiques », néologisme inventé par le sculpteur. Le corps de la femme, particulièrement celui de la femme africaine, prend une importance déterminante dans ses travaux, qu’il expose aux côtés de son frère et de Futura 2000 à New-York en 1983.

En 1989, les frères Di Rosa ouvrent la Galerie de L’Art Modeste à Paris, permettant la promotion de leurs travaux et de leurs valeurs, résumées en une phrase par Buddy Di Rosa : « Faire de l’art vrai, juste, juste pour les gens, pour les peuples ».

Dans son atelier, l’artiste s’inspire des éléments qui l’entourent : oeuvres de l’Art Brut, sculptures primitives, objets africains et musique rock. La matière est un élément central de sa création : terre, bronze ou métal sont autant de médium qui permettent à Richard Di Rosa une expérimentation matérielle fondamentale. Il décrit son travail en ces termes : « Je vais par-delà l’apparence, la figure réaliste ou l’anecdote, j’abstrais l’essence. »

Artiste international, Richard Di Rosa expose ses sculptures et dessins à travers le monde : Espagne, Belgique, Etats-Unis, France ou encore Colombie, l’unique sculpteur du mouvement de la Figuration Libre est un artiste majeur de l’Art contemporain.

La Figuration Libre

L’expression « figuration libre » a été forgée au cours de l’été de 1981 par l’artiste Ben qui avait invité Robert Combas et Hervé Di Rosa, frère de Richard, à exposer dans sa galerie de Nice. Cette appellation désignera dès lors une vingtaine d’artistes des années 1980 et finalement quatre protagonistes, tous peintres : Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas, Hervé Di Rosa. Ils seront rejoints par le photographe Louis Jammes en 1984 et par le sculpteur Richard Di Rosa en 1985.

Le groupe se caractérise par son rejet radical de l’art intellectuel qui avait dominé la décennie précédente. Par la violence des couleurs et sa volonté « figurative », cette démarche rejoint les positions contemporaines de la Transavangardia italienne (Sandro Chia, Enzo Cucchi, Francesco Clemente...) et des « nouveaux fauves » allemands (Rainer Fetting, Salomé, Luciano Castelli, Helmut Middendorf...). Les peintres français se distinguent pourtant assez sensiblement de ces mouvements en défendant une peinture « rigolote, libre et décontractée », inspirée des bandes dessinées, des imageries populaires et de la culture rock.

« Le groupe d’amis que nous étions, dit Richard Di Rosa, a été considéré comme porteur d’un nouveau mouvement ; et c’est vrai que le milieu de l’art avait besoin de se reconnaître dans quelque chose de nouveau, d’inattendu, de provocateur. Nous en avons été nous-mêmes surpris ; nous étions en mouvement, hyper actifs, mais pas forcément un mouvement ! Une action entraînant une autre, cela s’est fait comme ça. On ne s’est jamais tous retrouvés en train de se dire : « On crée un mouvement, on l’appellera la Figuration Libre, on va écrire un manifeste, on va faire ci et ça ; jamais ! » »

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